‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 339 sur 525 · lbid · texte numérisé non relu

lbid

tissaient l'accusé, auquel même, en cas d'absence, on expédiait un message1. L'accusation devait produire des témoignages oraux ou des tablettes; mais, contre un citoyen, les témoignages des esclaves et des hilotes n'étaient pas reçus8. Il existait des privilèges. Seuls, les Spartiates pouvaient user de la juridiction sénatoriale; les Laconiens, non \ — Enfin, survivance de la période républicaine, l'assemblée du peuple connaissait encore des crimes politiques; mais alors elle étaitassistéedans ses jugements par les éphores*. — Leséphores, ces tribuns institués d'abord pour surveiller et au besoin accuser les rois, finirent par accaparer eux-mêmes des pouvoirs divers. Au début, ils ne jugeaient que des causes peu importantes5; puis ils en arrivèrent à infliger aux citoyens des flétrissures morales, usurpant ainsi un droit antérieuremenl réservé à la Gérontie6. Comme les censeurs de la Rome antique, ils régentaient les mœurs et on les vit condamner à la flagellation les jeunes gens qui se laissaient aller à l'intempérance ou à la mollesse7. En résumé, les éphores finirent par s'attribuer la juridiction anciennement réservée aux rois. On conserva même dans les jugements la formule ; « Il a paru aux rois et aux éphores. » La forme était sauvée.

Enfin les éphores, et c'était leur principale prérogative, avaient le droit de mettre les rois en accusation. La Haute Cour, devant laquelle comparaissait le monarque mis en suspicion par les éphores, se composait de vingt-huit sénateurs, de cinq éphores et de l'autre roi8. Mais les éphores ne se contentèrent pas toujours de leur fonction d'accusateurs;

Page 1