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ils s'érigèrent en juges des souverains et on les vit condamner Àgésilas à l'amende, faire mourir de faim Pausanias, étrangler le jeune roi Agis1. Enfin de compte, le pouvoir des éphores devint dictatorial. Affranchis de toutes les prescriptions des lois écrites, ils jugeaient selon leurs propres lumières, comme les rois absolus'. Isocrate affirme même, que les éphores avaient droit de vie et de mort sur tous les citoyens.
Il existait donc à Sparte quatre juridictions : celle du roi, celle du Sénat, celle de l'assemblée du peuple, celle des éphores. Enfin, Ton s'en remettait quelquefois à un magistrat jugeant isolément3. Tous ces tribunaux décidaient sans appel, à la manière barbare; pourtant, et pour la premiètv fois depuis que nous poursuivons cette enquête à propos de la justice hellénique, nous voyons à Sparte poindre la coutume de l'appel. En effet les rois condamnés par la Haute Cour avaient recours devant l'assemblée du peuple. Cette variété de juridictions et cette institution, même exceptionnelle, de l'appel sont déjà d'une race supérieure. Ce qui l'est moins, c'est la pratique de la torture, dont on usait sans honte pour arracher des aveux aux accusés *.
La pénalité Spartiate était restée fort grossière; elle se relève cependant par l'application de peines principalement morales. — La peine capitale ordinaire était la strangulation; elle s'infligeait, la nuit, et dans l'intérieur de la prison; car il y avait des prisons à Sparte. Dans certains cas particulièrement graves, le condamné était conduit à la mort, les mains liées, le carcan au cou, et on le déchirait, chemin faisant, avec des fouets armés d'aiguillons 5. Le ban-