‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 34 sur 525 · Houzeau, Études sur les facultés mentales des animaux · texte numérisé non relu

Houzeau, Études sur les facultés mentales des animaux

contenu. Le second fait est plus curieux encore. Il s'agit aussi de moineaux ayant pondu dans un nid étranger, un nid d'hirondelles, après en avoir expulsé les propriétaires légitimes. Mais pendant que la femelle usurpatrice couvait tranquillement dans le nid volé, plusieurs hirondelles vinrent maçonner l'orifice d'accès et condamnèrent ainsi la voleuse à mourir de faim sur ses œufs1.

Dans ces deux faits, qui semblent authentiques, il s'agit bien de vengeance, mais d'un genre de vengeance pour nous particulièrement intéressant, d'une vengeance que l'on peut appeler juridique. Il est bien probable, en effet, que les propriétaires dépossédés faisaient partie de la bande des justiciers; mais ils n'étaient pas seuls ; des amis, des compagnons leur avaient apporté leur concours pour infliger aux Lntrus une vengeance sociale et délibérée. Si les faits de c* genre étaient plus nombreux, l'homme ne mériterait plus d'être considéré comme le seul animal juridique; mais, si exceptionnels qu'ils soient, ils suffisent à montrer, qu'au point de vue dont nous nous occupons, comme à tous les autres, aucun abîme infranchissable ne sépare l'homme de l'animal. En effet la justice humaine primitive ressemble fort à celle des oiseaux dont je viens de parler; mais même cette justice sociale, si rudimentaire, ne s'observe pas toujours chez les hommes: dans les hordes vivant encore à l'état d'anarchie, c'est la vengeance individuelle, qui, seule, met un frein aux violences et tient lieu de toute justice. Nous allons le voir en étudiant quelques-unes de ces sociétés humaines embryonnaires.

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