‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 38 sur 525 · Crantz, loc. cil · texte numérisé non relu

Crantz, loc. cil

î. Petitot, les Grands Esquimaux, 115. — Steller, Beschreibung von dein Lande Kamlchatcka, 293.

exclu de la communauté, excommunié; personne ne lui donne plus le moindre secours. S'il recommence, et il y est poussé par son abandon même, alors on lui brûle les mains1, ce qui équivaut à le tuer; car un manchot, abandonné à ses seules forces, ne saurait vivre dans cette contrée inhospitalière. — Aux îles Kouriles, l'adultère peut déjà être effacé par une composition en fourrures, vêtements, provisions ; mais les Kamtchadales de ces îles y mettent du point d'honneur. Le propriétaire de la dame volage peut provoquer l'amant à un duel à la massue et ce dernier ne saurait refuser sans déshonneur. Au dire de Steller, le nombre des coups serait alors réglé par la coutume; chaque combattant en porterait et en recevrait alternativement trois et cela à trois reprises*.

Nous voilà déjà loin de la vengeance simple, immédiate, animale, telle qu'on l'observe à la Terre de Feu. C'est qu'il y a des degrés, même dans l'anarchie. Les Fuégiens en sont encore à l'anarchie bestiale, tout à fait primitive; dans leurs hordes, l'individu est presque entièrement isolé. Il n*en est déjà plus de même ni chez les Esquimaux d'Amérique, ni chez les Kamtchadales. Sans doute les derniers n'ont pas encore de gouvernement; mais ils vivent dans des petites sociétés communautaires, dans des clans rudimentaires et égalitaires. Chez les Kamtchadales même, il y avait déjà des riches et des pauvres et les premiers exerçaient sur les seconds une certaine autorité3, aussi avaient-ils réglementé leur talion et même trouvé le système de composition pénale, qui joue un rôle si important dans toutes les justices sauvages et barbares, comme nous le verrons dans les chapitres suivants. Pour terminer celui-ci, il ne nous reste plus qu'à résumer l'idée générale, ressortant des faits précédemment cités.

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