Ibid
tère commença par s'appliquer seulement à la femme, ce qui est ordinaire. La Loi des Douze Tables traduit l'épouse coupable devant le tribunal de famille, sûrement présidé par le pater fa mi lias, par l'époux outragé. Pour le vol des clefs el du vin, cinq parents de la femme devaient participer au jugement; on peut en inférer qu'il en était de même pour l'adultère. L'arrêt ordonnait ordinairement la mort et les parents-juges exécutaient eux-mêmes leur sentence, comme ils l'entendaient : « Cognati necanto uti volent. > Vers la fin de la République, la loi Julia de adulteriis, fut promulguée, mais sans que, pour cela, les tribunaux de famille fussent abolis. 11 est douteux que cette nouvelle loi prononçât encore la peine de mort contre l'adultère; mais elle frappait les deux coupables1. En outre l'édile curule fut chargé de traduire et d'accuser devant les tribunaux la matrone qui avait failli. La loi Scantinia (Denefandâ Venere) admit plusieurs peines contre l'adultère : la mort, l'amende, l'exil a.
À Rome, comme ailleurs, l'adultère flagrant autorisait l'époux à tuer suïvie-champ la femme délinquante8. Quant à son complice, le mari outragé le pouvait garder, torturer, mutiler ou bien le livrer à ses esclaves et le faire raffaniser* : la rajfanisation était un genre de supplice à la fois cruel et ignoble, qu'il est difficile de décrire, mais qui fut évidemment inspiré par l'idée du talion. Tous ces mauvais traitements pouvaient sans peine devenir des moyens de chantage; car la loi et l'opinion autorisaient le mari trompé à rançonner l'amant surpris. Ces mœurs brutales dataient sûrement de bien loin; la loi Julia, qui subsista jusqu'à Justinien, essaya de les réformer. Elle édicta que le mari,