‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 412 sur 525 · S. Maine, Ancien Droit · texte numérisé non relu

S. Maine, Ancien Droit

finit par se fondre avec lui. Mais ce droit nouveau négligea précisément ce qui donnait au Droit romain une physionomie particulière, c'est-à-dire les nombreuses distinctions entre les classes de la société romaine et les différentes sortes de propriétés; il alla jusqu'à confondre les agnats et les cognats, les choses mancipi avec les choses nec mancipV.

Le Jus naturœ surtout, entièrement affranchi des chaînes de la tradition juridique, rallia tous les esprits philosophiques, séduits par sa largeur et son souffle humanitaire.

Mais ces droits nouveaux ne sauraient être confondus avec le Droit romain, qu'ils ont battu en brèche. Ce qu'affectionne surtout la jurisprudence romaine, c'est précisément ce que dédaigne le Droit naturel, savoir : les gestes solennels, les questions et réponses réglées comme pour une représentation théâtrale, les formules et formalités inutiles, niaises et surannées3.

D'où vient donc la prodigieuse fortune du Droit romain? D'abord et surtout de la fortune politique de Rome, qui imposa ses codes aux peuples vaincus et subjugués en les leur présentant à la pointe de son épée victorieuse. Or, pris en masse, le genre humain n'est pas héroïque; il a toujours du penchant à admirer servilement tout ce que font les forts. De plus le fonds barbare des lois romaines n'était pas pour rebuter des populations le plus souvent barbares ellesmêmes.

Enfin le succès du DVoit romain tint sûrement, pour une grande part, à ses défauts mêmes, aux ridicules minuties de sa procédure, seule raison d'être de tout un peuple de légistes sans l'aide desquels un profane ne pouvait s'aventurer dans le fourré des formalités légales. Dans tous les pays civilisés, une race d'ergoteurs subtils a poussé ainsi à

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