Ibid
et grâce à laquelle nous pouvons étudier sur le vif la vie sociale de nos ancêtres protohistoriques et peut-être préhistoriques. Vraisemblablement les premiers clans de l'Europe barbare ont dû être organisés à peu près sur le modèle de celui des Ossètes du Caucase. Or, ceux-ci nous reportent i une époque primitive, où toute justice reposait sur le droit de vengeance, la composition et l'arbitrage, pour les crimes intéressant deux ou plusieurs clans. Dans le sein du clan familial, le père ou le chef du petit groupe châtiait souverainement certains crimes ou délits, en se conformant aux coutumes traditionnelles. On voit, que de ce premier stade juridique à celui des Afghans, des Parthes et Arméniens, // n'va pas encore une bien grande distance.
Les Géorgiens ont sûrement débuté comme les Ossètes; puis, quand ils furent organisés en monarchie, leur justice se modifia et se compliqua notablement. Le droit de vengeance resta toujours la pierre angulaire du droit ; mais on arrêta tout un tarif de compositions, dont le prix d'une vie d'homme était l'unité. Un tiers de ce prix total du sang compensait la perte d'une main; un quart, celle d'un œil; une moitié celle des deux yeux, des deux mains ou des deux pieds; un sixième celle du pouce; un neuvième celle des autres doigts. Toujours on ajoutait à la composition les frais du médecin, ce qui est fréquent dans les justices primitives1. L'injure verbale, l'outrage, entraînait une amende8.
A défaut de composition, le meurtre se vengeait par la guerre entre les familles, et il en était de même pour le rapt. Tant que le prix du sang n'avait pas été payé, la vengeance était permise. En cas de rapt d'une femme, on payait la moitié du prix du sang, si la femme avait été respectée, et seule-