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Dans le Code de Vakhtang, l'enlèvement de personnes libres, pour les vendre comme esclaves, est assimilé an meurtre. Pour le rapt d'une femme mariée, il faut payer fc prix du sang trois fois, dont deux fois au mari et une fois à h femme. Si Ton a vendu à des infidèles des enfants volés, le prix du sang se paye deux fois; savoir: une fois pour le corps, et l'autre pour l'âme1. — Pour vol, le même code veut que Ton restitue au septuple et il ajoute quelquefois à la restitution la moitié du prix du sang; enfin il soumet le voleur récidiviste à une peine corporelle à déterminer par le juge2.
En résumé, après avoir eu sans doute le même point de départ que celle des Ossètes, la justice géorgienne a évolué, mais sans sortir de la barbarie et, dans ses traits généraux, elle ressemble singulièrement à celle des Germains, que nous étudierons bientôt.
11 y a peu d'années encore, avant le mouvement d'investigation sociologique auquel nous assistons et qui aura pour résultat de dévoiler des origines jusqu'alors réputées inaccessibles, on ne savait presque rien de la justice chez les Slaves primitifs ou barbares. Pourtant quelques observations, recueillies au vol par des voyageurs, montraient que le droit de vengeance était très florissant encore chez certains Slaves méridionaux. On nous avait dit que, chez les Morlaques, l'homicide se réglait parfois par une composition, acceptée durant une cérémonie publique, appelée € cercle du sang >, et au cours de laquelle l'offenseur demandait pardon à la partie lésée;