Ibid
après quoi, il donnait un grand festin de réconciliation *. ?sTous savions, qu'en Albanie; c'est une question banale que de dire à un homme : c Avez-vous du sang à venger dans votre famille2? » que, chez les Morlaques de la Dalmatie, les familles étaient divisées par d'inextinguibles vendetle, etc., etc. — Aujourd'hui, nous n'en sommes plus réduits à ces notions fragmentaires. Des explorateurs, même des légistes experts, ont recueilli les coutumes judiciaires, ont étudié les codes barbares des slaves et nous pouvons, grâce à leurs travaux, nous faire une juste idée de ce qu'est ou a été la justice native de ces populations.
C'est surtout en Serbie et dans le Monténégro que la vieille justice slave s'est conservée le mieux et le plus longtemps.
En Serbie, les pénalités procédaient encore du talion sauvage. Le coupable d'un meu-rtre prémédité avait les deux mains coupées. Pour rapt, supplice de la corde, mais après amputation des mains et section du nez. Pour avoir arraché la barbe d'un noble, mutilation des deux mains. Mais la peine variait ordinairement suivant la position sociale : pour avoir tué un noble, un non noble subissait l'amputation des mains et payait une amende; au contraire le noble, meurtrier d'un non noble, s'en tirait avec une amende. Le meurtre d'un homme d'église s'expiait par la pendaison; le parricide, le matricide, le fratricide ou l'infanticide, par le bûcher3. Les autres crimes, le meurtre non prémédité, les outrages, etc., étaient punis par des amendes variées.
Les familles, parfois même les villages, étaient solidaires pour les amendes. Le frère répondait pour le frère ; le père pour le fils ; les parents pour les parents, à moins qu'ils