‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 427 sur 525 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Germanie, pour avoir décoiffé une femme, on paye 50 livres, dont 48 sont pour la femme. L'amende du meurtre est une vraie composition, qui va tout entière aux parents. La solidarité judiciaire de la famille est conservée dans certains cas; par exemple, si le meurtrier ou l'incendiaire se dérobent au châtiment par la fuite, leur famille est obligée de payer la moitié de l'amende1.

Le trait dominant de la procédure dalmate, c'est l'extrême importance donnée aux cojureurs. Les témoins ne prêtent pas serment; mais bien l'accusateur, s'il a des cojureurs; l'accusé, à défaut de l'accusateur, jure aussi avec ses cojureurs. Quand on n'a pu réunir un nombre suffisant de coj tireurs, on supplée à leur absence d'une façon naïve en jurant soi-même plusieurs fois. Si la partie plaignante est une femme, elle jure avec des cojureuses*. Le tribunal admet le ministère des avocats, mais à la condition qu'ils soientde la classe de leurs clients : noble pournoble, serf pour serf. Ces avocats sont rétribués. — La plainte, une fois portée, doit être suivie jusqu'au bout; mais toujours le juge invite les parties à transiger, surtout au moment du serment, et le tribunal prend acte de la transaction, s'il y a lieu3. — Tout cela est bien de la justice slave, mais atténuée, mais adoucie sans doute sous l'influence des seigneurs, qui se sont substitués, dans la plupart des cas, aux demandeurs et ont transformé les compositions en amendes.

L'histoire de la justice, chez les Slaves de Bohême, est mieux connue que celle des Dalmateset les anciennes mœurs s'y sont mieux conservées. Le premier stade est, comme à l'ordinaire, celui des guerres privées, du droit de vengeance, tempéré d'assez bonne heure par des compositions, par l'in-

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