‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 439 sur 525 · Dareste, loc. cit · texte numérisé non relu

Dareste, loc. cit

autres traités de droit irlandais, il n'est question ni de peines capitales, ni de supplices ; car ces ouvrages sont surtout des traités de procédure. Il semble pourtant que, le plus souvent, tout s'arrangeait par arbitrage et compositions, puisqu'on admet la composition même pour le meurtre avec circonstances aggravantes.

En Irlande, le grand moyen pour contraindre la partie adverse à se présenter devant le tribunal, c'était la saisie, qui était soumise à de nombreuses et subtiles formalités : la saisie était le mode usuel de vocalio in jus1 et elle se pratiquait sur le bétail, la monnaie du pays. Après avoir averti l'adversaire, le demandeur se présentait chez lui accompagné d'un homme de loi et de témoins ; car la chose devait être faite dans les formes 9. Dans l'enclos attenant à la maison des nobles d'un rang supérieur à celui du demandeur, on ne pouvait saisir ; c'était là un terrain sacré ; en le violant on s'exposait à payer t l'honneur » du propriétaire (D'Arbois de Jubainville, loc. cit., 25). Si le défendeur était indigent, on le saisissait lui-même et on le traînait chez le demandeur, qui le détenait et lui devait seulement une écuelle de bouillon par jour3. — Pour saisir chez un chef, il fallait d'abord « jeûner contre lui », à sa porte*. Le saisi pouvait toujours offrir un gage, par exemple son fils, ou un objet de prix, et s'engager en même temps à comparoir : on n'avait pas le droit de refuser ces offres 5. Pour une saisie irrégulière, on encourait une amende en bêtes à cornes6, aussi ne pratiquaiton jamais la saisie sans l'assistance d'un légiste compétent.

Le droit de saisie n'appartenait pas à tout le monde. Pour

1. S. Maine, Codifications antiques , 9. 1 Darcstc, toc. cit.t 359.

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