‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 46 sur 525 · Voir mon Évolution politique · texte numérisé non relu

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riablement l'homme ainsi mandé obéit docilement ; puis il est conduit à une certaine distance et là supplicié à coups de javelots. Dans cetle exécution, les bourreaux doivent éviter avec grand soin de frapper le condamné au-dessous des hanches, par suite d'une idée superstitieuse relevant aussi du talion. On croit en effet, que si l'exécuté était blessé aux membres inférieurs, ses bourreaux ne pourraieut plus retourner au campement1, sans doute parce que l'ombre du mort se vengerait en leur rendant coup pour coup et comment éviter les coups portés par une ombre*?

Dans le cas où un meurtre a été commis par des gens étrangers au clan, la vengeance prend une autre allure. Tous les membres du clan solidaire s'assemblent alors autour du mort et jurent de le venger. En vertu de leurs idées d'étroite solidarité, ils ne tiennent pas particulièrement à tuer le coupable lui-même : lout le clan du meurtrier est responsable, comme tout le clan du mort a le devoir de venger le meurtre ; seulement le nombre des victimes expiatoires varie avec l'importance du rôle que la victime jouait parmi les siens. Un Australien disait à un missionnaire européen que, s'il mourait, il se ferait un devoir de le venger par une véritable hécatombe3. Dans ce cas, il ne s'agissait que de mort naturelle, mais, comme beaucoup de primitifs, l'Australien ne croit pas à la mort naturelle ; à ses jeux, toute mort est un assassinat. L'homme, pense-t-il, serait immortel sans les violences visibles, celles des ennemis, ou les violences invisibles, les maléfices des sorciers (mulgaradock). En vertu de ces idées, quand un homme se sent ou se croit sérieusement malade, il s'efforce de tuer lui-môme l'auteur présumé de son mal, bien convaincu que c'est un sûr moyen

• 1. Native tribes, etc., 263.

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