R. Salvado, Mémoires sur V Australie
d'échapper au danger : morte la bète, mort le venin. S'il succombe à sa maladie, ses proches, les membres de son clan considèrent comme un devoir étroit de le venger et généralement sur une personne appartenant à un clan ennemi ou rival '. Ordinairement cette vengeance absurde se règte strictement d'après la loi du talion : homme pour homme, femme pour femme. Le non-accomplissement de ce devoir de retaliation, quand le <c vengeur du sang » en est empêché parles circonstances, provoque parfois dans la conscience des Australiens des remords douloureux et impérieux, à ce point qu'on en a vu languir et dépérir jusqu'à ce qu'ils aient pu s'acquitter enfin de ce devoir sacré 3 et se mettre ainsi en paix avec leur conscience.
Ul. — LES INDIENS PEAUX-ROUGES
Nous venons de voir, qu'en Australie la justice est rudifnentaire et surtout qu'elle s'identifie avec le besoin de vengeance. 11 n'en va pas autrement chez les Indiens peauxrouges. — Cette passion de la vengeance était si prédominante chez les Peaux-Rouges, qu'ils l'excitaient, l'attisaient sans cesse chez leurs rejetons. L'enseignement oral de la haine pour t l'ennemi héréditaire » était à peu près l'unique éducation donnée aux enfants. Sans trêve les mères, les vieillards disaient et redisaient aux jeunes que leur devoir sefait un jour de combattre bravement et de venger tel et tel membre de la tribu ou du clan tués dans les combats avec une tribu rivale *• Ces incessantes exhortations finissaient naturellement par exalter au suprême degré, chez