‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 48 sur 525 · Wakc, Evolution of morality, I · texte numérisé non relu

Wakc, Evolution of morality, I

les enfants et les jeunes gens, le goût de la vengeance si naturel à l'homme, puisqu'il n'est guère que l'épanouissement de Tinstinct de défense ; aussi voyait-on parfois des guerriers peaux-rouges faire plusieurs centaines de lieues, en bravant la fatigue, les intempéries, des dangers de toute sorte pour goûter le suave plaisir de la vengeance 4. — Dans le sein même de la tribu, la crainte des représailles était à peu près le seul frein qui garantît plus ou moins l'individu contre les violences de ses compagnons. Aux yeux des Indiens, recevoir des coups était chose déshonorante ; cela impliquait une idée de servitude, de dégradation, et un tel attentat à la dignité de l'individu devait absolument être vengé par la mort de l'agresseur 8. Pourtant la vengeance n'était légitime qu'au cas où l'offenseur était un homme : se défendre contre une femme ou un enfant était considéré comme indigne3.

Mais les voies de fait n'étaient point nécessaires pour amener de sanglants conflits : des paroles blessantes, même des railleries suffisaient pour faire couler le sang à flots. Gatlin nous raconte comment, sans y penser, il alluma une guerre civile au sein d'une tribu peau-rouge en faisant le portrait d'un jeune Indien. Ce portrait était de troîsquarts; un des ennemis du modèle lui dit ironiquement qu'aux yeux du t médecin blanc », il n'était évidemment que la moitié d'un homme, puisqu'on avait supprimé la moitié de son visage. De là échange de mots blessants, puis, après la séance, coups de feu, mort de l'un des Indiens, fusillade entre leurs clans respectifs, etc., tant la solidarité est étroite entre les membres du même clan familial *.

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