S. Maine, Ancien Droit
sonne et s'en remit à des délégués : vi gui ers, prévôts, sénéchaux, baillis *. Sur une plus petite échelle, les seigneurs imitaient le roi, de la justice duquel j'ai maintenant à m' occuper.
En droit, le roi féodal commença par être simplement un seigneur mieux apanage que les autres. Comme eux, il avait sa Cour de justice où siégeaient, autour de lui tous ses grands vassaux, ceux qui lui devaient le service de justice; mais l'importance de ce tribunal élait strictement proportionnée à celle des domaines royaux. Il en fut ainsi surtout à partir de Hugues Capet. Alors le roi ne rendait déjà plus la justice par des délégués, comme l'avaient fait les rois mérovingiens et carlovingiens. Au dessous de lui, chacun de ses vassaux avait droit de juridiction dans son fief; mais le Conseil du roi, la Cour des pairs, était le grand tribunal de la couronne; par cette cour seulement pouvaient être jugés les barons de France ou vassaux du roi; c'était devant elle, que l'on portait les appels pour déni de justice et, primitivement, elle était composée de vassaux ayant même rang que les justiciables. A ces vassaux se joignaient cependant des officiers de la Maison du Roi, représentant l'ancien Palais. En cette matière, comme en tant d'autres, le moyen âge avait fait une cote mal taillée entre la monarchie despotique des souverains mérovingiens ou carlovingiens et le nouveau régime féodal .
Dans cette cour suprême, saint Louis introduisit quelques conseillers de rang inférieur, pour la plupart ecclésiastiques,