‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 496 sur 525 · A. Giry, loc. cit · texte numérisé non relu

A. Giry, loc. cit

*• Conciani, Leges barbarorum, III, 64. — Bodin, Démonotnanie du sor- CW, 116 (cité par Locky, loc. cil., II, 2i3). 5. Desmaze, Curiosités des anciennes justices, etc., 317.

eux la moindre relation. Contre l'hérétique toute dénonciation, tout témoignage étaient accueillis1. Même dans les Communes, il était interdit de vendre du pain à un hérétique, d'avoir des relations avec lui, de louer à un juif, etc. \ Tous ces prétendus crimes étaient punis de peines sévères, souvent atroces ; mais ces sanglantes folies sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'y insister longuement. Ce qu'il importe de remarquer, ce sont les termes extrêmes limitant l'évolution de cette justice religieuse, qui débute par lâchante, s'implante par les bienfaits ; puis, une fois acceptée et puissante, torture et brûle des multitudes d'innocents pour des crimes imaginaires. Dans ces attentats, l'hypocrisie se joignait à l'horreur. Comme les canons de l'Église ne permettaient pas aux seigneurs ecclésiastiques d'infliger la peine capitale, on leur substituait pour cela un officier laïque, ayant le titre d'avocat ou de vidame et dont la tenure était souvent féodale et héréditaire3. D'autre part, les tribunaux ecclésiastiques ne se faisaient pas faute, on le sait trop, de prononcer la peine de mort en matière de foi; mais, comme l'Église a horreur du sang (Ecclesia abhorret à sanguine), ils avaient simplement remplacé le glaive par le bûcher : sinistre échappatoire, qui aurait l'air d'une plaisanterie, s'il était possible de plaisanter sur un tel sujet.

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