‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 50 sur 525 · Catlin, loc. cit · texte numérisé non relu

Catlin, loc. cit

LBTOURNEAU. — L'Évolution juridijuo. 3

la même arme. L'affaire faite, et la victime dûment scalpée, Quatre-Ours s'esquiva sans avoir été reconnu. « 0 mon ami, disait-il à Catlin, en terminant son récit, tu peux voir ici la chevelure de cet ennemi et ce fer aigu, que j'avais arraché du corps de mon frère pour le venger un jour avec l'aide du Grand-Esprit. Maintenant le sang de la victime et celui du meurtrier ont séché, tous deux, sur celle lance ! Ce n'est pourtant pas ainsi, ô frère, que Mah-to-tohpah (Quatrc-Ours) a l'habitude de se venger ; mais, dans cette affaire, il ne voulait que tuer un chien et il Ta tué, comme il le méritait. Quoique le chef des Ricarris fut un guerrier et qu'il possédât plusieurs chevelures, ce n'était pas un homme honorable. 11 errait autour de notre village, comme un loup nocturne, et massacrait nos femmes et nos enfants, lorsqu'ils se baignaient au bord du fleuve... Sa vie avait été celle d'un lâche; sa mort ne devait pas êlre celle d'un homme de cœur *. >

Quoique la grandiloquence soit chose assez ordinaire aux Peaux-Rouges, pourtant il y a dans ce petit discourf, un accent relevé, une sorte de chevalerie peu ordinaire chez les sauvages. Gela peut tenir à une question de race. En effet, les Mandans, plus tard détruits par une épidémie de variole, semblaient se rattacher à une lointaine immigration européenne, Scandinave peut-être. Leurs yeux étaient bleu clair, leurs cheveux étaient gris d'argent; beaucoup d'entre eux avaient la peau blanche; enfin ils étaient agriculteurs8.

Je n'ai encore 'cité que des actes de vengeance individuelle. 11 me reste à dire comment, chez les Peaux-Rouges, la justice, du moins une certaine justice, est sortie du fait brutal et instinctif de la vengeance. Cela est résulté de l'étroite solidarité reliant entre eux les membres du clan peau-rouge.

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