‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 51 sur 525 · Ibii · texte numérisé non relu

Ibii

Dans cette petite société familiale, que j'ai précédemment décrite1, chaque tort subi par Tune des personnes du groupe est ressenti par toutes les autres. Les parents d'un homme tup ont le strict devoir de le venger; mais cette obligation morale étant collective est, par cela même et dans bon nombre de cas, plus accommodante, plus facile à désarmer, que la vengeance individuelle. Le clan est d'ailleurs entièrement libre d'agir à sa guise; il peut à son gré soit tirer une vengeance sanglante, soit accepter une composition; de même que le clan du meurtrier a le droit de désarmer la colère du clan de la victime, en mettant lui-même et spontanément à mort l'auteur du méfait9. Dans ces circonstances les chefs n'interviennent pas ou du moins ils ne le font que moralement, par des exhortations, des conseils3. D'ordinaire, ils poussent à un accommodement, afin d'éviter une sorte de guerre intestine entre les clans.

Autrefois la compensation la plus usitée, quand le clan lésé voulait bien en accepter une, consistait dans le don d'un prisonnier de guerre capturé par le clan du meurtrier. Souvent le captif ainsi livré à litre d'indemnité finissait par être adopté par les demandeurs* : on leur avaitalors littéralement payé un homme pour un homme et leur sentiment commercial delà justice était satisfait. Mais au lieu d'adopter le captif, les ayants droit pouvaient l'immoleraux mânes du mort5et s'écarter ainsi un peu moins du strict talion primitif. — Pour les trimes contre la propriété, on procédait d'une manière analôgue.Un dommage, une perte se compensaient en détruisant consciencieusement une propriété de valeur équivalente. —

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