‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 502 sur 525 · S. Maine, Ancien Droit · texte numérisé non relu

S. Maine, Ancien Droit

le prévenu, instruit l'affaire, puis traduit l'accusé devant les jurés, treize francs-hommes, qui prononcent la sentence sous forme impérative : € Baillieu, vous le emmènerez jusques au gibet et le penderés par le col, comme laron, tant qu il soit mort1. » Là non plus il n'est pas question d'appel. Dans beaucoup de pays, on ne souciait guère des tribunaux du roi et les principes de la jurisprudence se réduisaient à quelques coutumes, diverses dans chaque baronnie*. Ça et là des pratiques singulières, tout à fait primitives, étaient en usage. Chez les Gallois, si un homme commet un viol, puis le nie, il peut se disculper en faisant jurer cinquante hommes, tous Cambriens et francs-tenanciers. Si néanmoins la femme maintient son accusation, on en exige un serment prêté dans des conditions singulières. La plaignante jure, en posant la main droite sur des reliques; c et, membro virili sinisîrà prehenso, quôd isper vint se isto membro violaverit > \ Cette procédure plus qu'étrange se rattache évidemment à l'idée du talion, d'un talion, que les saints prisa témoins sont chargés d'appliquer,

La preuve était le plus souvent testimoniale; mais on recourait volontiers à des moyens tout à fait sauvages, à l'ordalie par exemple; souvent à l'ordalie parle fer rouge* (Jxidicium ferri candentis). En 1150, cette épreuve était en usage à Saint-Omer, surtout pour l'adultère; et on y pouvait soumettre ceux même que la rumeur publique était seule à accuser5. A Cambrai, en 1200, des hérétiques furent ainsi éprouvés et, comme ils furent brûlés par le fer de l'épreuve, on les envoya tranquillement au bûcher c.

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