Ibid
6. Lettres complètes dWbèlard et d'HéloUe (trad. Gréard), p. 19.
coupé, s'il ne peut payer l'amende1. En Suède, le calomniateur payait X amende dite des lèvres, se donnait un coup sur la bouche et sortait à reculons du tribunal *. Dans certains pays, pour avoir produit un faux témoin, on perdait la lèvre et le nez jusqu'aux dents3. ■ — Les deux amants des bellesfilles de Philippe IV subirent la castration, puis furent écorchés publiquement*.
Dans les communes flamandes, la composition germanique, succédané du talion, subsista bien longtemps avec la tarification germanique. Pour des contusions, on payait 2 sous ; 4, si la partie contuse était découverte; chaque jointure de doigt se payait 30 sous et celles du pouce, 40. Pour un œil crevé, un nez coupé ou une castration, il fallait c restorer la moitié d'un homme f, c'est-à-dire payer la moitié de la composition pour meurtre, etc.5. Je m'arrête, mais il serait bien facile de multiplier ce genre d'exemples, attestant que la pénalité médioévale était toute émaillée de survivances.
Les peines principales, hors le bannissement, étaient souvent atroces. L'amputation du nez, des oreilles, des lèvres, de la langue, la flagellation, le pilori étaient des pénalités considérées comme légères0. « Nous défendons, dit Guillaume le Conquérant, de tuer ou pendre le criminel, quel qu'il soit; mais on lui arrachera les yeux; on lui coupera les pieds ou les mains, afin qu'il ne reste plus de lui qu'un tronc vivant en mémoire de son crime7. » Partout on écorche,on empale, on écartèle, on brise sur la roue. Les faux monnayeurs sont bouillis dans l'huile. Pour crime de haute trahison, on