‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 508 sur 525 · Giry, loc. cit · texte numérisé non relu

Giry, loc. cit

âge sont nés en effet de l'intrusion des barbares au sein de l'Empire décadent. Dans les provinces romaines, les conquérants germains trouvèrent une organisation judiciaire centralisée, fonctionnarisée, que leurs monarques acceptèrent, comme le reste, puisque tous leurs efforts tendaient à copier gauchement les empereurs. Mais, pour la justice surtout, les vieilles mœurs de la tribu germanique se prêtaient mal à cette adoption. Longtemps les rois durent tolérer le mal, l'assemblée des hommes libres jugeant par l'intermédiaire de jurés désignés, des rachimbourgs. — Après les Carlovingiens, quand les rois gallo-francs durent composer avec leurs chefs de bande et instituer des fiefs, les titulaires de ces fiefs, se considérant comme de petits souverains, réclamèrent et obtinrent généralement le droit de haute et basse justice. Dès lors s'ouvrit une ère de compétition entre le suzerain en chef, le roi, et ses vassaux nobles; le premier tâchant de reconquérir ce qu'il avait cédé de sa prérogative judiciaire; les seconds défendant leurs privilèges. Nous avons vu que l'avantage finit par rester au roi, beaucoup parce qu'il était le plus fort, un peu parce que les légistes travaillèrent pour lui.

Hais, pendant plusieurs siècles, les chartes intervenues entre le monarque et ses vassaux nobles mirent ces derniers à l'abri des caprices du suzerain, à la seule condition [qu'ils s'acquittassent des charges de leur tenure. Le bon plaisir du maître était bridé par une convention librement débattue et sauvegardant le vassal dans une large mesure. Entre supérieur et inférieur, les relations, même les conflits se réglaient avec une certaine dignité. Le justiciable n'acceptait la juridiction suzeraine qu'avec des réserves tutélaires. Les Assises de Jérusalem1 nous renseignent clairement sur cette situation

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