‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 514 sur 525 · IV. — LA MANIÈRE DE RENDRE LA JUSTICE · texte numérisé non relu

IV. — LA MANIÈRE DE RENDRE LA JUSTICE

Au cours de cette lente évolution, la manière de rendre la justice s'est métamorphosée, comme celle de la concevoir. — Ce fut, à l'origine des sociétés, la forme simple et républicaine qui s'établit et, quand la communauté, sortie de l'anarchie primitive, se mit à intervenir entre ses membres pour régler leurs litiges particuliers, elle le fit collectivement, en soumettant le cas ou plus souvent l'arbitrage du cas à l'assemblée générale de tous ses hommes adultes. Fréquemment aussi, cette assemblée délégua ses pouvoirs à un petit nombre d'individus choisis dans son sein, ordinairement à des gens âgés, qui, mieux que les autres, avaient conservé le dépôt des traditions juridiques. Ceux-ci faisaient ordinairement fonction d'arbitres, de modérateurs des vengeances privées ; ils s'efforçaient d'amener les parties à transiger, à composer. Pour certains crimes, cependant, ils rendaient des sentences et même les exécutaient de leurs mains; l'office de bourreau, c'est-à-dire d'exécuteur de la volonté commune, n'ayant alors rien que d'honorable. C'est de cette façon que procède encore aujourd'hui la justice australienne. Dans le droit primitif de presque toutes les races qui ont peuplé l'Europe occidentale, on trouve aussi des vestiges de l'idée que la punition des crimes appartient à l'assemblée générale des hommes libres1, et, aujourd'hui encore, c'est là la base juridique en Kabylie.

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