‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 518 sur 525 · VI. — LES CAUSES DU CRIME · texte numérisé non relu

VI. — LES CAUSES DU CRIME

En étudiant la justice dans toutes les races humaines, nous avons pu suivre sa graduelle évolution et en noter lesfhsses principales. La justice sociale est née du besoin de vengeance, et ce besoin a été peu à peu limité pour les particuliers, à mesure que la collectivité d'abord, le prince ensuite,

^réclamaient pour eux seuls le droit de punir. En même temps -et à mesure que l'organisation sociale allait se compliquant, la quantité des actions réputées criminelles ou délictueuses se multipliait sans cesse; car il fallait protéger des intérêts •de plus en plus nombreux. Mais, en dépit des pénalités, le plus souvent atroces, la répression n'est jamais parvenue à •déraciner le crime : corde, glaive, torture, bûcher, supplices raffinés; rien n'y a fait. Après chaque coup de la faux judiciaire, toujours il a poussé une nouvelle moisson de criminels. Cela seul autoriserait à conclure que la répression, fûtelle féroce, n'atteint que des effets dont la cause lui échappe. Mais la statistique moderne a démontré le fait d'une manière irréfutable. Dans son célèbre ouvrage, la Physique sociale, •Quételet a, l'un des premiers, attiré l'attention publique sur cette donnée sociologique, grosse de conséquences et d'inductions. « Il est, dit Quételel, un budget, qu'on paye avec une régularité effrayante, c'est celui des prisons, des bagnes •et des échafauds *. * Puis, se servant surtout des statistiques françaises, l'auteur de la Physique sociale montre, que chaque genre de crimes se produit avec une fréquence maximum à un certain âge. Pour le viol, cet âge est vingt-deux ans; puis il se déplace ; le nombre des viols va diminuant jusqu'à cinquante â cinquante-cinq ans; après quoi il remonte .à un nouveau maximum entre soixante et soixante-six ans2, mais souvent alors en changeant de caractère et devenant de l'aberration génésique.

En France, c'est surtout vers l'âge de vingt-huit ans que l'on se rend coupables de coups et blessures. Pour les meurtres, l'âge d'élection est vingt-sept ans; il est de trente ans pour les , assassins. — Pour les empoisonnements, le

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