‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 54 sur 525 · Bancroft, Native Statet, etc., I · texte numérisé non relu

Bancroft, Native Statet, etc., I

sociétés primitives : le crime de sorcellerie. Déjà nous avons vu quel rôle important joue, en Australie, la croyance aux sorciers. Or, il en est à peu près de même chez les Peaux- Rouges et beaucoup de leurs tribus mettent à mort sans hésiter les personnes accusées et convaincues de maléfices1. Les Peaux-Rouges, nous venons de le voir, en étaient encore à la phase première de révolution de la justice, à la justice du clan familial. Point de justice d'État. Pourtant celle-ci commençait à poindre. Ainsi, pour quelques attentats considérés comme particulièrement graves, le conseil de la tribu rendait une sentence capitale 9 ou bien le coupable était déshonoré par une exposition publique. Chez lcsOmahas, pour certains crimes, on en appelait aussi à l'opinion publique, mais d'une autre manière. Ainsi on imposait au meurtrier, dont la vie avait été épargnée, plusieurs années d'expiation. Pendant ce temps de pénitence, le meurtrier devait marcher pieds nus, ne jamais manger chaud, ne jamais élever la voix, tenir ses bras accolés le long de son corps, ne pas se peigner et, durant les grandes chasses, ne dresser sa tente qu'à un quart de mille du campement de sa tribu. On pensait que l'ombre de la victime ne perdait jamais de vue l'assassin et que, si le coupable n'avait pas été mis ainsi au ban de la société, cette ombre irritée aurait soulevé des vents terribles, etc. Un seul des parents de l'excommunié devait partager sa tente, évidemment pour le surveiller; mais personne ne consentait à manger avec lui; son existence était affreuse, aussi errait-il parfois, la nuit, en poussant des cris et des lamentations. Quand la période d'expiation avait eu une durée suffisante, les parents du condamné, les membres de son clan, ceux qui lui avaient imposé ce châtiment public, lui disaient : c C'est assez; reprends la vie commune; chausse

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