‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 70 sur 525 · Ellis, loc. cit., III · texte numérisé non relu

Ellis, loc. cit., III

de circonstances aggravantes1; car le vol, en tant que vol, n'inspirait aucune indignation. Bien plus, le vol pratiqué au détriment des étrangers était considéré comme un acte très louable, et, à bord de leurs navires, les européens ne parvenaient pas à s'en défendre. Un chef néo-zélandais, à qui des missionnaires se plaignaient d'un vol important de haches en fer commis par ses compatriotes, trouvait seulement qu'on avait eu tort d'en dérober un aussi grand nombre8. Les femmes polynésiennes, ordinairement de mœurs extrêmement faciles, volaient leurs amants européens et le produit de ces larcins finissait habituellement par revenir aux chefs eux-mêmes3. A Noukahiva, un habile voleur de l'étranger était fort estimé*; et comment en aurait-il- été autrement, puisque la religion même consacrait le vol? En effet, il y avait en Polynésie, un dieu des voleurs, Hiro, fils d'Oro, la grande divinité de la race, et l'on invoquait la protection de ce larron divin, quand on partait pour une razzia5. En réalité, le vol n'était une action coupable que s'il était commis aux dépens de la communauté dont on faisait parlie : telle est, sur ce point de droit et de morale, l'universelle opinion des peuples primitifs. C'étaient ces voleurs intestins, que l'on punissait grièvement et sans tenir compte de l'importance du larcin; ainsi à la Nouvelle-Zélande, le voleur d'une seule patate pouvait être ihis à mort, tout aussi bien que s'il avait commis un meurtre6; car, dans les sociétés primitives, la vie humaine compte pour assez peu de chose. Ainsi, dans toute la Polynésie, l'infanticide et l'avorte ment étaient des actes tout à fait licites et dont personne ne

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