‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 72 sur 525 · Damont d'Urvillo, Ilist. univ. voy., vol. XVIII · texte numérisé non relu

Damont d'Urvillo, Ilist. univ. voy., vol. XVIII

rendre la justice. En principe, ils ont bien accaparé les droits juridiques, exercés jadis, en régime républicain, par les conseils de clans ou de tribus, mais ils n'en usent que d'une façon intermittente. Jamais ils ne s'avisent spontanément de redresser les torts ou de proléger les opprimés; il faut, pour qu'ils interviennent, que les individus iésés et trop faibles pour se venger eux-mêmes fassent appel à leur justice princière4. Le plus souvent même, en Polynésie, ces appels n'étaient pas suivis d'effet, à moins que l'appelant ne fût un des favoris du maître; mais alors les chefs punissaient avec une cruauté féroce, comme ils le faisaient pour les offenses, même légères, s'adressant à leurs personnes sacrées. Dans leur conduite, à eux, nul acte n'était criminel. Sans aucune raison, par simple caprice, ils tuaient un homme du peuple. Un chef taïtien, qui avait commis un de ces meurtres royaux, entra dans une violente colère, quand on lui dit que, pour une chose si parfaitement insignifiante, il aurait été pendu en Angleterre'.

La toutes-puissance de l'antique communauté démocratique s'était incarnée dans la personne des chefs, qui pouvaient tout se permettre. Sur les terres de leurs sujets, ils avaient le droit de couper des 'arbres, de cueillir des fruits, d'enlever des porcs, etc.; ils étaient sans conteste les propriétaires éminents. Quand un chef disait : < A qui ce cochon, cet arbre, etc.? » le propriétaire ne répondait jamais : « A moi », mais t à toi et à moi3 ». Un chef, disaient les Néo-Zélandais, ne pouvait voler. Comment l'aurait-il fait? puisque, nous affirme Pritchard, un chef avait le droit de .prendre tout ce qu'il convoitait*; au contraire on devait respecter religieu-

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