‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 73 sur 525 · Cook, Hit t. univ. voy., vol. X, 137 (troisième voyage · texte numérisé non relu

Cook, Hit t. univ. voy., vol. X, 137 (troisième voyage

3. Mœrenhout, Voy. aux îles, etc., II, 181. A, Polynesian Réminiscences.

53 L'ÊTOLUTION JURIDIQUE.

sèment ses droits régaliens. A la Nouvelle-Zélande, une guerre s'éleva entre deux tribus, parce que Tune d'elles avait mangé une baleine jetée par les Dots sur le littoral de l'autre1, dont le chef considéra cet acte comme un vol public. Se rebeller contre le prince, même parler dédaigneusement de lui ou de son gouvernement, c'étaient là des attentats particulièrement criminels et sévèrement punis3; l'autel faisait dans ce cas cause commune avec le trône et il ne fallait rien moins qu'un sacrifice humain pour apaiser les dieux courroucés. Enfin la mort des chefs, de ces grands de la terre, ou de leurs proches parents était difficilement regardée comme naturelle; souvent on l'attribuait à des maléfices, dont on découvrait sans peine l'auteur, qui payait de sa vie son crime supposé, cela sans préjudice des sacrifices d'esclaves destinés à apaiser ou à escorter les mânes de l'illustre défunt3. En Polynésie, l'intervention des chefs dans la justice fut donc, presque toujours, nuisible, dictée par des mobiles capricieux et personnels. Nous verrons qu'il en a été de même à peu près par toute la terre. Le chef de la tribu monarchique avait commencé par concentrer en lui tous les pouvoirs, par remplacer ordinairement l'ancien conseil de la tribu ; mais il ne s'en était pas tenu là ; déjà, en Polynésie, le maître se croyait d'une essence supérieure à celle des simples mortels.

Parallèlement à l'évolution monarchique, une autre transformation s'était accomplie; les anciens sorciers des primitives tribus républicaines avaient monté en grade, étaient devenus des personnages, des gens qui avaient spécialement l'oreille des génies, des dieux, des puissances invisibles. Ces truchements des êtres surnaturels exerçaient un pou-

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