Voy. Astrolabe, loc. cit
voir spirituel, fort respecté, et toujours s'entendaient au mieux avec les grands de la terre : c'est l'alliance habituelle de la couronne et de l'Église. En Polynésie, cette alliance se manifestait surtout par des prohibitions religieuses, dont la non observance était un crime, un sacrilège; d'où une branche spéciale de la criminalité, qui s'est partout largement développée durant l'âge barbare des nations : la criminalité religieuse. En Polynésie elle avait pris une forme toute spéciale : la violation de ce qu'on appelait le tabou. Le mot tabou signifie interdiction, défense, embargo mis sur une chose, une personne, un acte. Cet interdit était jeté et proclamé par le grand-prêtre s'inspirant tantôt de l'utilité publique, tantôt et souvent de ses passions ou intérêts. Des tabous protecteurs interdisaient d'approcher des champs de patates avant leur maturité4, d'allumer du feu dans les cabanes où il y avait des provisions*, de cueillir les fruits à pain, alors qu'on appréhendait une mauvaise récolte, de toucher aux bananes et ignames sauvages, pendant un certain temps et pour la même raison3. Les cochons, les poules étaient taboues, dès qu'ils devenaient rares. Certaines baies étaient tabouées pour la pêche aux flambeaux, quand le poisson s'en éloignait4. Des tabous politiques rendaient les chefs de famille sacrés, défendaient aux enfants de les maltraiter, même d'en médire. D'autres tabous s'opposaient au mariage entre les parents trop proches ou bien rendaient inviolable quiconque était convié à une kaïka (fête publique), même si le convive était un ennemi 5. — Tous les tabous n'étaient pas aussi sensés, trop souvent l'institution