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du tabou servait à donner libre champ aux caprices et a in passions des classes dirigeantes, spécialement des chefs et deprêtres. Parfois un tabou fantaisiste enjoignait à un individu de rester dans sa maison pendant un nombre de jours déterminé, lui défendait d'allumer du feu ou de manger avant h lever ou après le coucher du soleil. Toutes les obligation? envers les chefs et les prêtres, toutes les corvées nécessaires, par exemple pour édifier des temples, des moraïs, ou de? demeures pour l'aristocratie et le sacerdoce étaient réglée par le tabou.
Les femmes surtout étaient, par excellence, les victimes do tabou. Pour elles, la viande de porc et la chair humaine, quand on était anthropophage, étaient des aliments taboues. Le tabou leur interdisait de toucher aux mets des hommes, même à ceux de leurs pères, frères ou enfants mâles. Leur cuisine devait se faire à l'écart et jamais sur le brasier qui servait à préparer les repas de leurs maris et de leurs fils. Pour elles, les morals étaient taboues 4. La nouvelle accouchée était tabouée ; elle se retirait dans une cabane construite près de la commune demeure et portait un costume spécial tant qu'elle était nourrice; des femmes venaient la faire manger, lui mettre les morceaux dans la bouche; car son tabou lui interdisait de toucher ses aliments3. Les chefs taboues étaient aussi appâtés de la même manière pendant des mois et, durant ce temps, ils,devaient s'abstenir de tout commerce intime avec leurs femmes 3. Des districts, des îles tout entières, comme Tonga, étaient taboues*. A la Nouvelle- Zélande, une marmite en fer donnée par les Européens, fut tabouée et soustraite ainsi au contact des esclaves. La tète et