‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 76 sur 525 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

3. Ibid., 530. — Porter, Ilist. univ. voy.t vol. XVI, 192. A. Mœrenhout, loc. cit., I, 522.

la colonne vertébrale des chefs étaient tabouées; défense de toucher à ces têtes sacrées, de passer au-dessus d'elles ; ainsi les indigènes se refusaient à marcher sur le pont des navires européens, quand leurs chefs étaient descendus dans les cabines au-dessous. En raison du caractère sacré, dont leur noble dos était revêtu, les chefs, les nobles ne pouvaient porter aucun fardeau4. A Tonga, les mains, qui avaient touché les pieds du roi, étaient tabouées, et on ne pouvait s'en servir avant de les avoir lavées *. A un certain moment, tous les hommes de la petite île de Râpa furent taboues pour toutes les femmes, qui devaient les nourrir à la becquée3.

Or, l'obligation d'observer un tabou, quel qu'il fût, était stricte. Toute infraction à ces ordonnances sacrées entraînait de droit la peine capitale. Il suffisait même d'être soupçonné d'un tel sacrilège pour être mis à mort*. Une femme ayant violé le tabou, en mangeant de la chair de porc à bord d'un navire anglais, fut saisie et exécutée aussitôt qu'elle revint à terre. Pour ces crimes religieux, les coupables étaient ordinairement sacrifiés parles prêtres, sur les moraïs; car l'offense avait été faite aux dieux. Dans l'opinion publique, toutes les calamités, les maladies, les désastres, etc., étaient des punitions divines, châtiant quelque violation de tabou. Enfin, pour lever un tabou, il fallait absolument apaiser la colère des divinités par des sacrifices humains, solennellement célébrés au moral*, et c'était naturellement le prêtre, qui désignait la ou les victimes, habituellement prises parmi les gensdu peuple. Parsuite, ce pouvoir exorbitant équivalait à mettre entre les mains de la classe sacerdotale le droit de

i. Ff. Millier, A lige m. Ethnogr., 306. 2. Cook, Hist. vnitf. voy., X, 90.

X Mœrcnhout, loc. cit., I, 138.

4. Radiguet, loc. cit., 168. — Porllock et Dixon, Hist univ. voy., vol. XIII, 289.

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