Burton, Voy. aux grand* lacs
Les trois grands crimes, souvent châtiés avec des raffinements de cruauté, dans l'Afrique moyenne, du Gabon à Zanzibar, sont : le vol, l'adultère, la sorcellerie. Au Congo, la répression pour vol est implacable, même pour un vol insignifiant. Le coupable est souvent mis à mort, au moins réduit en esclavage et toute sa famille avec lui *. Bien loin du Congo, dans l'Afrique orientale, chez les Vouazaramo, même fureur contre le vol. Le larron pris en flagrant délit est décapité et sa tête, placée au bout d'une perche et exposée à l'entrée du village, sert à inculquer aux gens le respect de la propriété *. Mais, en Afrique comme en Polynésie, cette sévérité n'implique nullement qu'on ait un grand éloignement moral contre le vol. Ce qui est blâmé et puni, c'est Je vol dans le village, dans la petite communauté ; au contraire, voler les blancs est un acte parfaitement licite. Au Congo, on a même un fétiche du vol, dont le rôle consiste à empêcher les blancs de découvrir les voleurs noirs3. Cette consécration religieuse du vol, prouve assez que, dans la conscience des noirs, aucune réprobation morale ne s'attache au larcin considéré en lui-même.
Parmi lo\m les genres de vol, il en est un qui est souvent puni avec une extrême férocité; c'est l'adultère, envisagé d'ailleurs uniquement comme une grave atteinte à la propriété. En étudiant le mariage4, j'ai montré que la femme nègre est absolument à la discrétion de son époux propriétaire, qui, l'ayant ordinairement achetée ou volée, a sur elle, comme sur ses enfants et esclaves, tous les droits sans exception; j'ai dit aussi qu'au sein des sauvages tribus que nous étudions en ce moment, l'homme, polygame toutes