‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 80 sur 525 · Ch. Letouracau, Lvolution du mariage, etc · texte numérisé non relu

Ch. Letouracau, Lvolution du mariage, etc

les fois que cela lui est possible, a une femme principale, une femme-chef, et des femmes secondaires, ce qu'on appelle en Chine des c petites femmes ». Or, l'attentat à la propriété conjugale a une gravité qui varie avec la position de la femme dans la famille. Au Gabon, l'adultère non autorisé de la femme-chef est un crime énorme. La femme est punie, comme il plaît au maître; son complice est à tout le moins vendu, comme esclave, au profit du mari lésé; mais, pour l'adultère commis avec les femmes secondaires, le larron d'amour peut ordinairement s'en tirer, moyennant une forte compensation*. Le désir de toucher ces alléchants dommages-intérêts entraîne même parfois les maris à commettre ce que nous appelons des actes de chantage, à attirer les amants dans les bras de leurs épouses, de concert avec celles-ci ; puis, après les avoir surpris en flagrant délit, à les capturer pour les vendre, comme esclaves, à la première Occasion*.

Mais dans les cas où le mari, plus furieux que cupide, veut user de son droit de vengeance, la coupable ou les coupables subissent souvent des châtiments atroces. Chez les Boubies de Fernando Po, les deux amants ont les poignets coupés et sont ensuite abandonnés sans secours hors du village *. Dans l'État libre du Congo, l'adultère avec la grande femme est presque toujours puni de mort ; les délinquants subissent des supplices variés, dictés uniquement par le désir de vengeance. Tantôt ils sont brûlés, tantôt noyés, tantôt décapités. Certains baobabs portent des guirlandes de crânes accouplés, exposés ainsi pour l'édification des indigènes : ce sont des crânes d'adultères. Au Gabon, l'époux outragé peut se montrer féroce, user contre les coupables soit de son sabre

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