‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 81 sur 525 · Thiercelin, Jgurnal d'un baleinier, I · texte numérisé non relu

Thiercelin, Jgurnal d'un baleinier, I

LETOimsBAU. — L'Évolution juridique. 5

d'abatis, soit de sa lanière d'hippopotame ; mais la coutume autorise pourtant, dans certaines tribus, le commerce intime de la femme mariée avec une sorte de sigisbé, le nkongyi (requin), qui a la liberté, presque le droit, d'entrer dans la case conjugale. Seulement l'opinion publique veut alors que le mari se fasse bien payer, soit âpre au gain. C'est une question d'honneur; on palabre, si le tribut n'est pas acquitté1.

Si l'adultère a été commis entre esclaves, on se contente de couper les oreilles à l'homme ; car un esclave essorillé ne perd pas grand'chose de sa valeur. Entre une femme esclave et un homme libre, l'affaire s'arrange au moyen d'une indemnité payée au maître *.

Si, de l'Afrique occidentale nous nous transportons dans l'Afrique orientale, nous trouverons à propos de l'adultère des coutumes analogues. Sur la côte, l'adultère se règle par composition : cinq esclaves au mari lésé, si c'est un chef; un seul esclave, s'il n'est qu'un plébéien8. Dans l'intérieur, le mari trompé ou croyant l'être, peut vendre sa femme (Livingstone, Dernier Journal, 182); chez les Vouanyamouézi, on est plus féroce et Ton a inventé pour les femmes, nous dit Burton, a un empalement spécial, d'une horreur sans nom S. C'est là une de ces pénalités à la fois affreuses et étranges, comme en a souvent inspiré la coutume ou la loi du talion: le désir de punir strictement par où l'on a péché.

Pour le meurtre, on est souvent moins sévère que pour le vol et l'adultère. Souvent la v endetta, le talion, qui est de règle, s'humanise ou plutôt se commercialise : on transige et la partie lésée accepte les valeurs d'échange du pays, des moutons, de l'indienne, etc., comme prix du sang versé. Le

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