Fuchs, loc. cit
la boisson révélatrice, se promène de long en large devant l'assistance en criant : c Suis-je un sorcier? suis-je un sorcier? » et l'un des exécuteurs répond : t Tu es un sorcier; tu es un sorcier, > L'innocence ne peut être prouvée que par un vomissement; si l'action du poison est seulement purgative, l'homme est déclaré coupable et, comme tel, mis à mort1. Quand on a affaire à un esclave, on fait précéder l'exécution de la torture *. Dans l'Afrique orientale, le jeteur de sort, le magicien malfaisant, est ordinairement condamné au bûcher1. C'est une façon assez usuelle de se débarrasser des vieillards. Quant aux jeunes hommes, le chef préfère souvent les vendre*. Chez les Vouazaramo de l'Afrique orientale, les routes sont jalonnées de bûchers éteints après avoir dévoré des malheureux, soupçonnés de magie. En revanche, les Côndés rendent leurs sorciers ou réputés tels responsables des maladies et des décès (Livingstone, Dernier Journal, 15).
Du Gabon à Zanzibar, on retrouve ces sauvages folies. Seul, le genre des épreuves judiciaires varie mais le plus usité de beaucoup est le poison d'épreuve. Dans l'ouest, à Sierra- Leone, au Congo, etc., c'est le breuvage vénéneux qui est en usage. A Sierra-Leone, où il y a encore des cours de justice composées des notables et anciens, les juges diminuent et augmentent le degré de toxicité de la décoction, suivant leurs sympathies ou antipathies pour l'accusé5. Dans l'Etat libre du Congo, breuvage analogue: là, c'est la décoction d'une euphorbiacée, qui sert aussi à empoisonner les flèches. Cette épreuve est dite de la casque (casca, en portugais, écorce). La casque s'emploie dans toutes les affaires graves: pour