À. Hovelacquc, les Nègres
découvrir les misérables, dont les sortilèges ont causé la mort d'un chef ou d'un personnage marquant ou bien les voleurs, les homicides, les adultères, les empêcheurs de pluie, etc.1. Dans l'Afrique orientale, le mode d'épreuve judiciaire est plus varié. Chez les Vouanyamouézi, pour trouver et punir les auteurs de la mort du roi, on étudie la marche de la putréfaction d'une poule1. Ailleurs on plonge un fer rouge dans la bouche de l'accusé, ou bien on lui enfonce dans les chairs un clou rougi au feu, ou bien on l'oblige à tremper la main soit dans l'eau, soit dans l'huile bouillante et ce bain brûlant ne doit pas laisser de traces, si l'homme est innocent3. Parfois on traverse l'oreille du suspect avec des crins de gnou. Dans la Terre de la Lune, on voit reparaître l'épreuve du breuvage empoisonné; mais on l'ingurgite d'abord à une poule, puis au demandeur et au défendeur, s'ils ne sont pas satisfaits de l'épreuve in anima vilik. Dans le voisinage du lac Tanganika, l'ordalie du breuvage empoisonné est tellement passée dans les mœurs, que Livingstone a entendu un homme et une femme, s'invectivant dans une querelle conjugale, s'écrier tous les deux : c Apportez le mouavé! (le poison d'épreuve) » (Livingstone, Dernier Journal, lit).
Dans toutes ces tribus monarchiques, le pouvoir judiciaire a élé accaparé par le chef. Parfois, comme au Grand Bassam, le tyranneau prend encore l'avis d'un conseil de vieillards5. Au Gabon, les chefs ont sur leurs sujets tous les droits, y compris celui d'homicide ; ils sont les grands justiciers et leurs volontés tiennent lieu de lois6. Les conflits