‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 86 sur 525 · P. Barret, Afrique occidentale, II · texte numérisé non relu

P. Barret, Afrique occidentale, II

LA JUSTICE DANS LES TRIBUS MONARCHIQUES. ît

judiciaires se règlent par des palabres devant le chef, qui, au besoin, prouve à l'auditoire par une pluie de coups de lanières la justice de ses arrêts1. Chez les Boulous du Gabon, le chef est à la fois juge et bourreau; c'est lui-même qui exécute ses sentences, qui crucifie, par exemple, sur un arbre l'esclave coupable d'avoir séduit une femme de condition, etc.9. Pour ces roitelets, la justice est une source de gros profits; ils condamnent, pour la moindre faute, h de grosses amendes3 et ils confisquent ensuite les biens des gens qu'ils ont condamnés, etc., etc.4. C'est cette justice souveraine) qui a inventé divers supplices ingénieux et féroces, en usage dans l'Afrique centrale; c'est elle qui ordonne certaines mutilations, certaines décollations de la peau ; c'est elle qui fait enterrer les condamnés tout vivants ou les laisse mourir de faim, etc., etc.*. — Non loin du Tanganika, il existe entre les chefs des villages une sorte de solidarité judiciaire. Le chef d'un village ne tranche point tout seul les conflits ou contestations. Chaque cause donne lieu à un milando, une espèce de palabre; où un certain nombre de chefs de village se constituent en cour de justice. Les causes les plus ordinaires sont des réclamations pour vol ou adultère et la procédure recourt souvent au poison d'épreuve. Le souci de la propriété étant très vif, un malheureux peut être obligé d'ingurgiter lé poison d'épreuve rien que pour avoir pris quelques épis de maïs6.

Beaucoup de tribus ont remplacé le talion par la composition. Dans les cas de meurtre, par exemple, un chef alloue souvent aux parents du mort une indemnité en bétail, un

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