‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 90 sur 525 · Raflcnel, Nouveau Voy. au pays des Nègres · texte numérisé non relu

Raflcnel, Nouveau Voy. au pays des Nègres

croisés avec les Berbères du Sahara, les Arabes et les Ethiopiens. Dans ces petites monarchies, le roi, le chef, le sultan est le grand justicier; mais sa juridiction ne s'étend jamais au delà d'un district qu'on ne puisse traverser en quatre jours.

Chez les Bambaras de Kaarta, évidemment plus mélangés de sang berbère que les autres races équatoriales, on retrouve encore certaines survivances républicaines. Les Bambaras ont trois castes libres : celle des forgerons, celle des corroyeurs, celle des trouvères ou troubadours, des griots, artisans de « gaye science .». Chacune de ces castes a son chef, et le chef des forgerons a le droit de basse justice dans sa corporation. Les amendes encourues dans la caste sont partagées entre le chef de la corporation et le roi, chef de la caste des princes, •des m as s assis y et possédant, seul, le droit de haute justice dans sa caste princière et dans celle des forgerons, en même 4emps qu'il est juge suprême pour les autres castes. Parfois ce grand justicier délègue à des princes de sa caste le droit de justice basse et moyenne; mais il est fort jaloux de son droit de haute justice et punit d'une amende de onze captifs tout ma s sas si qui, sans son agrément, se permet d'ordonner une exécution capitale !.

Dans les autres petits États de l'Afrique tropicale, la justice est plus nettement monarchique encore que chez les Bambaras. Ainsi, dans le Borgou, toutes les querelles, tous les conflits sont déférés au roi, qui les tranche d'après ses seules lumières et absout ou condamne, comme il l'entend, sans aucune responsabilité 9. De même, chez les Maures de la Sénégambie, les délinquants sont amenés sans retard devant le sultan, qui juge sans contrôle et de sa pleine autorité. Pourtant cette justice n'est pas trop sévère, et la peine capi-

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