‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 91 sur 525 · Richard et John Lander, llist. univ. voy.y vol. XXX · texte numérisé non relu

Richard et John Lander, llist. univ. voy.y vol. XXX

taie est rarement appliquée, si ce n'est aux vrais nègres, tenus pour gens de race inférieure1. Dans certaines petites monarchies mandingues, l'organisation de la justice garde encore un faux air républicain. Ainsi dans chaque ville mandingue quelque peu importante, il existe un alcade héréditaire, chargé par le souverain d'administrer la justice mais avec le concours des anciens. Sous la présidence de ce fonctionnaire, on tient, en plein air, des palabres solennels où le pour et le contre sont librement plaides ; l'interrogatoire des témoins est public et l'auditoire sanctionne ou non de son approbation la sentence du juge2.

Dans toutes ces minuscule? monarchies de l'Afrique moyenne, la criminalité est toujours simple et la pénalité sévère. Les Bambaras ne punissent guère que le vol, l'adultère, le meurtre. Pour un premier vol, on se borne ordinairement, obéissant en cela à l'esprit du talion, à amputer les mains ou l'une d'elles; mais la peine capitale punit la récidive3. Pour le vol conjugal, l'adultère, les deux coupables sont ordinairement mis à mort, à moins, bien entendu, qu'ils n'appartiennent à la caste princière. Dans ce dernier cas, l'homme est seulement déchu de tout droit au commandement et ses biens sont confisqués*. Nous retrouverons bien ailleurs cette partialité effrontée dans l'application de la justice; elle est la conséquence naturelle du régime monarchique et de l'institution de castes hiérarchisées. Dans des sociétés basées sur la plus cruelle inégalité, le prince, même le noble, ne sauraient être judiciairement assimilés au vilain, encore moins à l'esclave. Chez les Bambaras, là où un corroyeur, un griot, seraient mis à mort, un tnassassi, un

i. Mungo Park, Hist. univ. voy.t vol. XXV, 180. 1 Ibid., 38.

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