‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 92 sur 525 · Mungo Park, toc. cit · texte numérisé non relu

Mungo Park, toc. cit

forgeron en sont quittes pour le bannissement et la confiscation des biens. Parfois cependant on va jusqu'à la flagellation publique. Mais un forgeron bambara ne peut encourir la peine capitale que pour un seul cas, un cas effroyable, il est vrai, puisqu'il constitue une offense au privilège du rang; ce cas, c'est l'adultère flagrant avec une femme de caste princière, une massassi1.

En pays bambara, le vol est considéré comme un crime énorme, capital. Cela est ordinaire, dans la criminalité primitive ou barbare. A ce stade du développement social, on fait beaucoup plus de cas de la propriété que de la vie, surtout de la vie des autres. Pourtant le souci même de la propriété refrène la férocité juridique qu'il a déchaînée, et souvent voleur et volé transigent, composent8. Les Bambaras poussent jusqu'au fanatisme le respect pour la propriété. Ainsi ils réclament des dommages-intérêts quand un âne, passant le long d'un champ, mange un seul épi de blé et, si leur réclamation n'est pas agréée, ils confisquent l'animal. — Une curieuse coutume, datant sûrement de l'origine du pouvoir monarchique, peut sauver quelques condamnés pour vol. Après le prononcé de la sentence, si le coupable parvient à cracher sur le prince, non seulement sa vie est épargnée, mais le maître est dans l'obligation morale de le loger et de le nourrir3. Chez les Bambaras de Kaarta, une pénalité toute particulière de l'adultère atteste clairement l'influence berbère : c'est le renvoi de la coupable à sa famille, après que l'époux-propriétaire lui a rasé la tête, pour stigmatiser son infamie *. Or, cette pratique si particulière est usitée, aujourd'hui encore, en Kabylie.

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