Laing, Hist. univ. voy.f vol. XX VIII
i. R. et J. Landcr, Hist. univ. vou., vol. XXX, 291.
l'Achanti et le Dahomey. Dans les uns et les autres, le monarque a réussi à concentrer tous les pouvoirs; il est naturellement le grand justicier, conformant d'ordinaire ses arrêts à la coutume traditionnelle, mais sans y être aucunement obligé; car ses décisions, si capricieuses qu'elles soient, sont acceptées sans, murmure et exécutées sans délai. Dans le Karagouah, Armanika, le roi régnant lors du passage de Burton, était plus sévère encore que juste. Il faisait passer à la lance ou décapiter les meurtriers. Les voleurs et les rebelles étaient punis avec une cruauté raffinée : on leur tranchait certains muscles, on leur arrachait les yeux; on leur coupait les phalanges de la main droite. C'était évidemment le souci du talion qui inspirait ces pénalités si particulières. — La crainte de la sorcellerie, dont on était toujours hanté, avait fait inventer des prohibitions spéciales. Il était interdit de vendre du laitage aux mangeurs de sel ou de fèves pour éviter qu'un mauvais sort ne tombât sur les vaches4.
Mais Armanika était un monarque relativement sensé et intelligent. Son voisin M'tésa, roi de l'Ouganda, est bien plus que lui le type du roitelet barbare. Disposant en maître absolu de la vie et des biens de ses sujets, M'tésa confisquait à son gré tout ce qui était à sa convenance, condamnait' à la peine capitale d'un geste et faisait assommer .chaque jour deux ou trois des femmes de son immense sérail. Pour s'être permis, pendant une promenade, de cueillir un fruit et de le lui offrir, une de ses femmes favorites fut immédiatement condamnée à mort par son royal époux. Dans la cour de M'tésa, durant les audiences qu'il daignait accorder, toute faute contre l'étiquette entraînait la peine capitale et l'exécution suivait immédiatement la sentence. Quand les