‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 95 sur 525 · Burton, Voy. aux grands lacs · texte numérisé non relu

Burton, Voy. aux grands lacs

LETOtfnNBAU. — L'Érolution juridique. 6

guerriers de M'tésa revenaient vaincus d'une expédition, leur maître les faisait ou mettre à mort ou phallotomiser surle-champ. A certains personnages, il accordait le droit de capturer et de vendre tout enlant dont il leur plairait de s'emparer. Le roi du Karagouah, voisin de l'Ouganda, se contentait d'imposer aux coupables d'adultère une amende en bétail ; mais M'tésa, protecteur passionné de la foi conjugale, faisait démembrer, désarticuler lentement les coupables et jeter, sous leurs yeux, aux vautours les tronçons de leurs membres *.

Dans sa capitale, le monarque de l'Ouganda jugeait en personne, en se conformant généralement à la coutume qu'il observait surtout en ce qui concernait la solidarité pénale du clan ou du village. S'il arrivait à un criminel de s'enfuir, tous les hommes de son village étaient mis à mort et toutes les femmes étaient vendues comme esclaves1. Dans l'Ouganda, la peine capitale était largement prod iguée et les exécutions sefaisaientpar vingtaines. Les supplices étaient variés ; les grands coupables étaient ou décapités ou brûlés ou écorchés vifs en commençant par la tête ; puis leur peau était soigneusement empaillée3. — Mais, au milieu de son délire féroce, le monarque ne perdait pas de vue ses intérêts pécuniaires. Avant chaque procès, il avait soin de faire déposer partes parties une valeur (sans doute en bétail) équivalente àceUedeTobjeten litige. Puis il prodiguait des amendes, dont le total se chiffrait par cinquaines, dizaines, douzaines ou vingtaines. A un homme riche, par exemple, on demandait vingt esclaves mâles et vingt femelles, en outre un nombre égal de taureaux, vaches ou chèvres; à un pauvre, des poules, même des œufs1.

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