‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 96 sur 525 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Toute décision royale devait être accueillie avec enthousiasme, même une confiscation, même la fustigation publique. L'heureux sujet, dont le monarque avait daigné s'occuper, fût-ce pour le châtier, était obligé d'en ressentir ou du moins d'en témoigner une joie immodérée, 11 lui fallait à l'instant recourir à une mimique canine, se rouler dans la poussière, ramper ventre à terre en poussant des petits cris, des imitations d'aboiements joyeux4.

Le roi M'tésa, sur lequel on nous a donné ces curieux détails, n'était pas seulement amoureux de la justice; il était en outre dévot, tout confit en sentiments religieux; il respectait et dotait son clergé, faisait, chaque mois, des retraites de plusieurs jours dans une hutte qui lui servait d'oratoire et où il contemplait et classait pieusement des cornes magiques. En résumé, c'était un parfait modèle de petit monarque barbare.

Mais la petite monarchie de M'tésa n'est point un phéncmène accidentel, capricieux; c'est le type dont s'approchent plus ou moins tous les Etats du même genre, A l'autre bout de l'Afrique, PAchanti et le Dahomey sont, sauf les différences de détail, organisés sur le même modèle. Dans l'Achanti, le roi fait exécuter ceux de ses soldats dont la bravoure a fléchi dans les combats; il condamne à la castration ceux qui le volent ou ont des intrigues avec une quelconque des femmes attachées à la famille royale 9. Dans ce dernier cas, la pénalité procède évidemment de l'idée du talion. Dans l'Achanti, la superstition influe aussi sur la procédure, et l'ordalie par breuvage empoisonné est en usage 3. Vie pour vie est la grande règle juridique en fait d'homicide; seulement, si le meurtrier est un personnage

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