Bowdich, Hist. univ. voy., vol. XXVIII
de distinction, on lui permet de se tuer lui-même. A côté de la justiee royale, la justice familiale subsiste encore et un capitaine, un cabocère, est libre de mettre à mort ou en vente sa femme infidèle. En général, la femme est, dans l'Achanti, à l'entière discrétion de son époux-propriétaire, qui peut lui couper une oreille, s'il la surprend aux écoutes, ou la lèvre supérieure, si elle décèle un de ses secrets : c'est toujours le talion4.
Au Dahomey, le roi est aussi le juge suprême ; on peut en appeler devant lui des arrêts de ses cabocères (capitaines) ou gouverneurs. Ceux-ci rendent une justice très capricieuse, mettent aux fers qui bon leur semble el punissent les voleurs, mais en s'appropriant les objets volés. D'autre part, les gens de la maison du roi font sans scrupule main basse sur tout ce qui peut être nécessaire au service du maître, et il n'y a nul recours contre ce pillage royal : un pécheur, par exemple, qui ose se dérober, alors qu'on veut lui prendre son poisson pour la table royale, est fustigé sans miséricorde8. En sa qualité de grand justicier, le roi du Dahomey assiste aux exécutions capitales et, s'il arrive à son délégué, faisant office de bourreau, de se mal tirer de sa tâche, le monarque lui-même intervient, prend son épée et montre à son fonctionnaire comment on doit s'y prendre pour abattre correctement une tête. Le fait n'a d'ailleurs rien d'extraordinaire; car, en pays barbare, la fonction d'exécuteur double souvent celle de juge 3.
Au Dahomey, nous trouvons, pour la première fois, la prison en usage. Elle est d'ailleurs fort primitive ; c'est tout simplement un trou en forme de puits où les condamnés croupissent dans les immondices et la vermine ; l'État ne