‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 98 sur 525 · H. Spencer, Sociologie, III · texte numérisé non relu

H. Spencer, Sociologie, III

les nourrit point : c'est l'affaire des parents et des amis, si cela les arrange. Les prisonniers ne vivent pas longtenps dans ces fosses pénitentiaires ; mais ils en sont régulièrement extraits pour recevoir la bastonnade, à tout le moins une fois par jour, le matin ; souvent deux ou trois fois, suivant la gravité du crime commis '.

B. La Cafrerie. — Dans l'Afrique méridionale, en Cafrerie, nous trouvons d'autres exemplaires non moins parfaits de ces petites monarchies barbares. Dans ces royaumes cafres, la justice est un curieux mélange de bon plaisir royal et d'antiques coutumes, dont l'origine est évidemment antérieure à la monarchie; et de même le pouvoir, pourtant absolu, des rois cafres coexiste encore avec des assemblées de guerriers, des champs-de-mai, survivances de la période républicaine ensevelie dans un lointain passé. — C'est par la terreur que règne le monarque cafre, et il en est très fier. Les qualifications mêmes qu'on lui donne pour le flatter nous renseignent déjà sur l'étendue du pouvoir royal et sur la moralité du pays. En s'adressant au roi, ses sujets l'appellent indifféremment c grand maître, grand sorcier, grand assassin, etcS. L'un de ces roitelets, Mossélékatsi, dont Moffat nous a raconté les faits et gestes, disposait suivant son bon plaisir de la vie et des biens de ses sujets. Nul n'osait le contredire et l'on n'approchait de son trône qu'en rampant3. Quiconque serait venu annoncer à Mossélékatsi que des lions avaient décimé ses nombreux troupeaux sans lui apporter en même temps la tête et les pattes de l'un des déprédateurs, aurait joué sa vie *. L'existence de ces princes cafres, Saiomons en miniature, était aussi fastueuse que le comportait

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