‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 105 sur 209 · VIII. — Caractères de la Littérature arabe · texte numérisé non relu

VIII. — Caractères de la Littérature arabe

Nous avons pu suivre la littérature arabe, non pas sans doute depuis ses origines primitives, mais depuis sa jeunesse jusqu'à sa décadence. C'est la première grande littérature appartenant à des peuples de race blanche, qu'il nous ait été possible d'embrasser pendant une si grande partie de son évolution. Nous avons donc à nous demander de quelles influences est résultée cette évolution et aussi quel est le caractère dominant de la littérature arabe.

Or, nous avons vu que le côté musical de la poésie avait, pour les Arabes, une extrême importance, que, pour eux, les choses essentielles étaient le rythme, Tharmonie du vers, que cette beauté métrique, ils la recherchaient même dans la prose des discours. D'autre part, nous avons noté que leur poésie est toute d'images colorées, que Tidée, la pensée sont accessoires, que le lyrisme amoureux tient, dans leura œuvres poétiques, une place considérable et que leur amour est tout sensuel, uniquement préoccupé de la beauté physique. Enfin la religion est venue déposer dans le même sens que la littérature, et le paradis de Mahomet, reproduisant évidemment des vieilles croyances, n'est qu'un rêve sensuel. Mais une littérature est le plus précieux des documents psychiques; elle reflète fidèlement ce qui se passe dans le cerveau d'une race. La race arabe est donc, avant tout, préoccupée d'impressions, de plaisirs sensuels : sa littérature est sensitive. Les sentiments moraux, les aspirations morales, les combinaisons intellectuelles tiennent peu ou point de place dans cette esthétique littéraire à très courte vue.

Quant à l'évolution de cette littérature, elle confirme de tout point les constatations, que nous avons déjà faites, savoir la funeste influence du despotisme politique ou religieux sur les œuvres poétiques. La littérature préislamique, celle des nomades encore à moitié libres, n'est pas bien riche d'idées,

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