LA MUSIQUE ET LA DANSE CHEZ LES INDOUS
mythologiques : Rama combattant avec les singes, Krichna entouré de laitières, la prise de Lanka par Rama, etc. Outre ces représentations particulièrement mythiques, on célèbre une fête du labour, une fête des militaires, une fête des morts. Ces fêtes, d'un caractère si archaïque, devaient, sans doute, avoir leurs analogues chez les Aryas védiques ; mais le texte, toujours si vague, des hymnes est muet à ce sujet.
Le recueil du Rig-Véda, pour lequel, pendant un certain nombre d'années, il a été de mode de professer une admiration de commande, est pauvre en renseignements précis, très riche au contraire en formules creuses, en épithètes et en images stéréotypées. C'est de la poésie cléricale ou cléricalisée. Les hymnes ont été assez tardivement recueillis par les Brahmanes, qui les ont arrangés à leur guise et y ont introduit tout ce qui pouvait propager et consolider leurs idées religieuses. Cette ancienne littérature, extrêmement vénérée, a été confisquée par les Brahmanes, qui en ont même emprunté les vers pour les utiliser dans d'autres recueils de leur façon : le Sàma, le Yadjow\ YAtharva^ auxquels ils ont donné le nom général de Véda. Puis, sur ce Véda, ainsi amplifié, ils ont greffé des volumes de gloses, d'annotations, de commentaires, etc. Enfin, ils ont opposé à la langue vulgaire, au Prâ" krit ou « langage naturel », le Sanscrit^ idiome savant, langue sacrée, langue sonore, où chaque mot est une image, où Teuphonie est minutieusement réglée. Le Sanscrit, une fois travaillé, poli, châtié par les poètes sacrés, s'est appelé surabâni^ M langage des dieux ».
De tout ce perfectionnemennt dans un but déterminé et pour les usages d'une caste sacerdotale, il est résulté que la littérature reli^euse des Hindous est devenue artificielle et que, dans le Rig-Véda^ revu, remanié, corrigé et augmenté, tel que nous le possédons, nous ne pouvons plus guère retrouver le reflet moral et intellectuel des antiques populations au sein desquelles ont été composés la plupart de ces chants, avant la conquête de l'Inde par les Aryas; mais force nous est
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bien d'accepter le poème, tel qu'il est, avec ses malheureuses améliorations.