‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 121 sur 209 · III. — La poésie du Rig- Véda · texte numérisé non relu

III. — La poésie du Rig- Véda

La poésie védique est, avant tout, cléricale. Tous les hymnes du Rig ont été composés ou remaniés par les prêtres, soit védiques, soit même brahmaniques. On y exalte la poésie du prêtre; elle est la seule prière profitable; elle ressemble à « la mamelle d'une vache bien nourrie >». La parole sacrée est un don divin ; elle vient parfois « comme une femme à son mari ». Le sacerdoce védique étant héréditaire, il existe des familles de prêtres et par suite de poètes sacrés. Le Rig-Véda est même l'œuvre de plusieurs centaines de ces poètes, dont un bon nombre sont nommés dans le texte. Les hymnes védiques n'ont nullement le caractère spontané, l'incorrection, la diversité des poésies populaires. Beaucoup d'entre eux se ressemblent, quand ils ne se répètent pas. Le style, tout de convention, est descriptif et vague, relevé pourtant d'un certain nombre d'expressions et comparaisons pittoresques, mais insulTisamment variées. Les dieux védiques sont simplement les forces et phénomènes de la nature personnifiés par l'imagination des Aryas : le feu, le soleil, le ciel, l'aurore, le vent, les nuages, etc., et on s'adresse à ces dieux comme à des personnages humains, capables de faire la pluie et le beau temps, de donner à leurs adorateurs la fortune, la victoire, une postérité. A Indra, dieu solaire, à Agni, dieu du feu, etc., on offre le soma sacré et on les invite à s'en remplir le ventre, à s'en enivrer. Mais la grande affaire est d'obtenir de la pluie. Les nuages sont grossièrement comparés à des vaches, dont il faut ouvrir les mamelles. On glorifie Indra, qui délivre les vaches-nuées méchamment enfermées dans une caverne par l'odieux Vritra.

Le soleil, l'aurore, les vents, etc., sont conçus comme des personnages anthropomorphiques traversant le firmament sur

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