‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 176 sur 209 · VII. — Valeur morale de la littérature au Moyen-âge · texte numérisé non relu

VII. — Valeur morale de la littérature au Moyen-âge

Or, cette société médioévale, intellectuellement fort grossière, n'était guère plus développée moralement. Née de la conquête et reposant sur l'exploitation du vaincu, la hiérarchie féodale se souciait fort peu de la justice ; elle avait simplement légalisé l'oppression. Sa morale, telle que nous l'expose sa littérature, est naturellement dictée par l'état social de l'époque. Les obligations du chevalier, devant lesquels on a l'habitude de s'extasier, sont simplement des devoirs de caste et elles s'évanouissaient vis-à-vis des vilains.

La grande vertu médioévale, la fidélité quand même au suzerain, cette vertu qu'exalte la Chanson de Roland^ est aussi une vertu seigneuriale ; elle résulte d'un pacte d'obéissance, dont la base est surtout commerciale : un fief est concédé à telles et telles conditions, redevances et services militaires ; donc est réputé félon, le vassal qui manque aux engagements pris. Cette obligation à la fois morale et commerciale, prime toute l'éthique ; elle tient lieu de patriotisme et dis-

(Ij E. Lintilhac, loc. cit., 118, 123.

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