‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 39 sur 209 · CHANTS, LÉGENDES, CONTES, ETC · texte numérisé non relu

CHANTS, LÉGENDES, CONTES, ETC

nous. Quel mal avong-nous fait? Le Grand Esprit nous a placés

dans rouest pour quelque dessein, non pour être chassés comme des

loups ou pendus à des arbres Les Bostons se disent civilisés ; ils

nous appellent des sauvages! Mais leurs crimes sont à faire frémir

Les Bostons sont rouges du sang de mes pauvres enfants... Ils disent quils adorent Dieu, comme nous! Le Dieu est juste. II a en horreur le

meurtre et le vol J'ai confiance qu'il m'aidera à frapper les Bostons;

Je ne dis jias demain ou les jours suivants, mais quelque jour avant que je meure. Je demande cela au Grand Esprit à chaque aurore. Souvent je voudrais être sous terre à dormir avec mes enfants morts

Quand j'étais de l'autre cAté de la frontière, mes sommeils étaient terribles, mes songes sanglants. Des pensées funèbres parfois me tenaient éveillé, me faisaient tressaillir. — Les agents sont des démons. Ils fai-< saient boire à mon peuple de l'eau de feu. Les pauvres Indiens perdaient la raison et rien n'empêchait les agents de les voler. Alors, si j'essayais de défendre mon peuple, le Grand Père (le président des Etats-Unis] envoyait ses soldats qui nous tuaient. Sans doute il était

trompé par les agents et les révérends Je ne puis croire que le

Grand Père soutienne les assassins. Plusieurs fois on m'a fait parler en conseil avec les officiers du Grand Père et j'ai entendu bien des paroles

mensongères Je n'ai plus confiance dans les Bostons. Je ne puis

que leifr faire la guerre. Je sais que nous sommes faibles. Sans doute ils nous tueront jusqu'au dernier. Alors mieux vaut tomber en braves. Si nous devons céder nos territoires aux Faces P&les, si c'est la volonté du Grand Esprit, soit! Mais le (îrand Esprit est un bon père. 11 n'a pas commandé que notre peuple, devenu faible, soit mis à mort, comme les bêles venimeuses. C'est tout » [i).

Ce discours a été recueilli, aussitôt que prononcé, par un Français, témoin de la scène. Il est donc absolument authentique et il n'est certainement pas fait pour donner une mauvaise idée du caractère et de Tintelligence de son auteur.

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