III. — De la danse et de la musique
En se civilisant après leur airivée sur les hauts plateaux de l'Amérique intertropicale, les Indiens avaient gardé beaucoup de leurs anciennes coutumes. Pour les populations mexicaine et péruvienne de même que pour les Peaux-Rouges, la
(1) Prescott, Conq. Mexique^ I, 86 (Iiitroduction], 2; Ibid., 137.
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danse était restée bien moins un divertissement qu'une cérémonie solennelle. Au Pérou, la grande fonne de démonstration religieuse était la danse, la danse chorale accompagnée d'hymnes (1). Les danses variaient d'ailleurs selon la province. Au Pérou, chaque district avait la sienne, c'était des danses rituelles, fixées une fois pour toutes et que Ton ne se permettait pas plus de modifier que l'on ne change chez nous les formules et la mimique des cérémonies religieuses.
La danse royale et aristocratique, la danse des Incas, était grave, digne, lente. Les hommes seuls y prenaient part parfois au nombre de plusieurs centaines et en se tenant par la main. Souvent, le monarque lui-même, dansait et chantait comme les membres de son auguste famille. Dans tous les cas il présidait la cérémonie et les danseurs avaient soin de lui prouver leur vénération en se tenant à distance respectueuse de sa personne sacrée. Chacun à leur tour, ces danseurs chantaient les louanges de Tlnca, celles de ses prédécesseui-s ou des grands qui s'étaient illustrés par de belles actions, soit dans la paix, soit dans la guerre. Pour donner plus d'éclat à cette danse aristocratique, un Inca, Huayna-Capac, avait imaginé de faire fabriquer une chaîne d'or, aussi longue que la grande place de Cuzco, et que les membres de la famille des Incas tenaient en dansant (2). Pour inaugurer Tusage de cette chaîne, Huayna-Capac choisit une occasion particulièrement solennelle, dans ce pays de servilisme monarchique, celle du jour où, suivant la coutume, on donnait un nom à son fils aîné, en lui coupant, pour la première fois, les cheveux avec un couteau d'obsidienne (3).
Les Mexicains avaient des coutumes chorégraphiques très analogues. Pour eux aussi, la danse était une occupation grave, religieuse. Ils y recouraient pour honorer leurs nombreuses
(i; PosocU, Cùmp, Liller.y 117.
iî) Garcilasso de la Vega, I, 307.
3; Ibid.f I, 306.
ÉvOLUTtOM LnrÉRAIRE. iO